SAPRENA x Chaire Entreprendre pour le Bien Commun : quand l’entreprise devient actrice du bien commun

Entreprise adaptée, coopérative et à mission basée à Bouaye, SAPRENA fait de l’inclusion un levier de développement. Mécène de la Chaire Entreprendre pour le Bien Commun d’Audencia, elle s’engage aux côtés de la Fondation Audencia pour faire dialoguer recherche, entreprises et territoires. Sa directrice générale, Alexandra Miailhe, revient sur le sens de cet engagement et sur l’impact attendu. 

Pourquoi est-il important pour SAPRENA de soutenir les chaires d’Audencia ?

Alexandra Miailhe : Les défis sociaux, environnementaux et économiques de notre époque nous rappellent que les entreprises dépendent de ressources, de savoir-faire et de liens collectifs qui dépassent largement leurs propres frontières. L’emploi, la santé, l’environnement, la cohésion sociale ou la vitalité économique locale sont des biens précieux, dont la préservation relève d’une responsabilité partagée.

Soutenir les chaires d’Audencia, et particulièrement la Chaire Entreprendre pour le Bien Commun, c’est permettre le dialogue entre la recherche, les entreprises et les acteurs des territoires pour mieux comprendre ces transformations et imaginer de nouvelles façons d’agir. Cette démarche fait pleinement écho à la raison d’être de SAPRENA : « Entreprendre et travailler autrement, en favorisant la diversité sociale et économique, dans le respect de l’environnement. »

Ce soutien n’est donc pas seulement un engagement de mécénat. Il traduit notre conviction que les réponses aux grands défis contemporains se construiront collectivement, en croisant les connaissances scientifiques, l’expérience des entreprises et les réalités vécues sur les territoires. Nous devons être acteurs du changement, en particulier dans une société fragmentée comme la nôtre.

 

Concrètement, qu’est-ce que le partenariat avec Audencia et la Chaire Entreprendre pour le Bien Commun apporte à SAPRENA ?

A.M : Ce partenariat nous apporte d’abord un espace de réflexion et de prise de recul. En tant qu’entreprise à mission et entreprise adaptée, SAPRENA agit chaque jour pour faire de l’inclusion un levier de développement, notamment en permettant à des personnes en situation de handicap ou fragilisées par leur parcours de vie d’accéder à un emploi durable et valorisant.

« Une entreprise peut être compétitive, créer des emplois, développer des projets utiles au territoire et produire un impact social durable. »

Notre expérience montre qu’il n’est pas nécessaire d’opposer performance économique et utilité sociale. Au contraire, une entreprise peut être compétitive, créer des emplois, développer des projets utiles au territoire et produire un impact social durable. La Chaire nous permet d’interroger, d’approfondir et de partager cette vision globale de la performance.

Elle nous aide également à penser l’entreprise non seulement comme une organisation créatrice de valeur économique, mais comme un acteur capable de fédérer un écosystème, de renforcer les coopérations et de prendre soin de ressources partagées. Les échanges avec les chercheurs, les collectivités, les entreprises engagées et les acteurs de l’économie sociale et solidaire nourrissent directement notre réflexion stratégique. Ils nous aident à expérimenter de nouvelles formes d’action collective et à imaginer l’entreprise comme un commun.

 

Qu’attendez-vous de ce partenariat et quel impact souhaitez-vous qu’il ait à terme ?

A.M : Nous souhaitons désormais passer de l’exploration à l’action. Les premiers travaux de la Chaire ouvrent des perspectives particulièrement stimulantes, notamment le rapport d’exploration « Entreprendre par et pour les communs », rédigé par Claire Champenois et Clément Bresson. Ce rapport propose de considérer les ressources qui nous permettent de vivre et de travailler ensemble comme des communs à préserver, à enrichir et à transmettre.

Dans l’année à venir, je conduirai au sein de la Chaire un groupe de travail centré sur une question essentielle : comment une entreprise peut-elle mobiliser son écosystème et permettre à l’ensemble de ses parties prenantes de devenir de véritables actrices du bien commun ? Pour SAPRENA, ce bien commun est clairement identifié : favoriser un emploi durable, inclusif et de qualité pour les personnes en situation de handicap. Cette réflexion s’appuiera sur l’Approche orientée changement des territoires (AOC-T), développée par le réseau F3E. Elle nourrira aussi, jusqu’en décembre 2027, les travaux de l’Executive PhD que je mène.

À terme, notre ambition est de faire émerger une méthode et des pratiques transférables, capables de mobiliser entreprises, collectivités, associations, acteurs de l’emploi, partenaires économiques et citoyens autour d’un objectif partagé. Nous souhaitons que ce partenariat produise à la fois de la connaissance, de l’expérimentation et des transformations concrètes sur le territoire. Il doit nous aider à démontrer qu’une entreprise peut non seulement créer de la valeur, mais aussi renforcer la capacité collective à agir au service du bien commun.